Pentecote 2004
Accueil Dimanche Lundi Dans les MEDIAS... International

A C C U E I L

Guy AUGUIN, secrétaire général,

accueille les participants.

Un témoignage diapos à l'appui,

voir lien "Montages Exotiques"

illustra l'arrière plan de l'ouverture.

 

 

1er TEMPS de la RENCONTRE

NOS REALITES DE VIE...

 Après les interventions des PO d'autres pays ( voir page Internationale ), le prochain " Courrier " d'octobre nous permettra de donner écho à l'autre phase de notre rassemblement, autour des quatre temps de la Rencontre nationale des PO français.

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Dieu sur les chantiers   

        C’est le titre donné par le journal Le Monde à l’article sur Jean-Michel Verstraete, paru à l’occasion du cinquantenaire du 1er mars 54. Les propos recueillis par Henri Tincq nous font découvrir un PO avec ses racines familiales, son caractère, sa manière d’envisager son ministère, dans les conditions de travail qu’il connaît actuellement dans le secteur des travaux publics. Logé dans une caravane à Manzat, près de Clermont-Ferrand, sur le chantier de l’A 89 Clermont/Brive... Quatre mètres carrés, une table, un lit, un four, un lavabo, un frigo, un chauffage électrique, une Bible, un bréviaire, "le feu sacré" de Régis Debray... des bandes dessinées... Jean-Michel a 56 ans. Auparavant  il a conduit des 35 tonnes et travaillé sur d’autres chantiers d’autoroute ou du TGV, manœuvre ou conducteur d’engins, en Haute Savoie, Vendée, le chantier du tunnel sous la Manche...

             Mon père, un "curé" anticlérical

A Douai, où habitait sa famille, son père était bedeau, bien mal traité par ses patrons curés...   « Mon père, nous dit J. Michel en riant, est un curé anticlérical ». Lui et son père ont très tôt pris leurs distances avec les prêtres " fonctionnaires et névrosés " qui composaient alors l’ordinaire d'une bonne partie du clergé. Élevé chez les frères des Écoles chrétiennes, Jean-Michel a trouvé sa vocation dans les histoires saintes de l’époque. « Les héros, les Mandrake de mon enfance, confie-t-il, c’étaient des curés et des saints. Ils faisaient rêver tous les gamins de mon âge »... Qui a lu "Pécheurs d’hommes" de Van der Meersch ou "Les saints vont en enfer " de Gilbert Cesbron ne peut avoir oublié la fascination exercée avant et après guerre par les militants chrétiens ouvriers et ces dizaines de prêtres embauchés dans les barrages, les docks de Marseille ou de Bordeaux, les usines du Nord ou de la banlieue parisienne jusqu’à l’interdiction brutale par le Vatican, le 1er mars 1954... Jean-Michel est l’un des héritiers de ces hommes de légende. Il n‘avait que 7 ans en 1954, mais il n’a rien oublié de la tempête que l’interdiction fit souffler dans l’Église et le pays tout entier...  Sur le chantier de l’autoroute A 89, Jean-Michel a repris le flambeau de ces frères de 1954. Avec le concile Vatican II, l’expérience des prêtres au travail a été de nouveau autorisée...

             Chaque jour faire preuve d’humanité

Jean-Michel ne porte pas de croix, mais ses copains de chantier, les cadres, le patron savent qu’il est prêtre. « Je ne suis pas une taupe, dit-il. Ils viennent me parler de leur famille, de leurs problèmes, mais je ne fais pas de sermon. Pour eux le curé sur un chantier reste un extraterrestre. C’est un visage de l’ Église qu’ils ne connaissent pas et, pour moi, c’est un milieu qui me pousse chaque jour à faire preuve d’humanité ». Ils se souviennent vaguement de leur catéchisme, connaissent le pape et la discipline du prêtre, notamment le célibat avec lequel il ne peut transiger. « En tant que curé, dans ma vie de tous les jours et même dans ma sexualité, j’ai intérêt à filer droit », ne manque pas de dire Jean-Michel.

             Chercher Dieu dans les évènements

Jean-Michel est syndiqué CGT. Délégué du personnel, il croit aux rapports de classe, aux luttes sociales. Pour lui, c’est dans ce combat que l’Église doit avancer, plutôt que de se replier sur les belles liturgies.

« Le Dieu auquel je crois se manifeste dans l’errance, dans l’ itinérance, dans la précarité. Construire des temples et des autels, c’est s’arrêter, sédentariser Dieu et son peuple. Ce n’est pas mon truc ! » Jean-Michel s’est battu pour les 35 heures dans le bâtiment et les travaux publics, avec l’impression d’avoir été floué par les patrons qui ne paient pas les heures supplémentaires au taux majoré comme dans l’ancien système. Il gagne 8 euros de l’heure pour des journées qui sont rudes. « Le soir, dit-il, j’ai les muscles tétanisés par les vibrations de la machine. C’est un métier de bagnard. On travaille, on mange, on boit un coup, on dort. Si je n’avais pas la reconnaissance des copains ma vie serait impossible »

             Gandhi, Luther King, Jésus-Christ

Impossible de disjoindre la foi de Jean-Michel, sa prière, sa lecture de la Bible, de son travail, de sa solidarité avec le milieu précarisé des chantiers, où J.M. Le Pen et José Bové marquent des points tous les jours. « A la suite de Gandhi, de Luther King et bien entendu de Jésus-Christ, j'essaye de parler de justice et de vérité... Si, comme je le crois, Dieu s’est incarné dans les évènements, c’est bien dans les évènements qu’il faut aller le chercher. Dieu a libéré le peuple hébreu de l’esclavage d’Égypte. Il est dans les luttes de libération des travailleurs exploités » ... Et Jean-Michel de conclure: « Les PO d’aujourd’hui n’ignorent pas les excès commis autrefois, mais le marxisme n’a pas été pour rien dans leur engagement. 

Il nous a fait mieux comprendre que la résurrection du Christ, elle n’est pas dans les airs. Elle est déjà là, dans le réel. Comme une force de réconciliation, d’amour et de pardon. La force du christianisme est d’affirmer que l’homme reste debout »

 D’après les propos recueillis par Henri TINCQ pour Le Monde du 3 mars 2004

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PO dans des formes nouvelles

    

Sentiment d’entrer dans une histoire

Sandro, 39 ans, brancardier, s’est adjoint aux PO du Mans. Pour le dossier relatif aux PO et à la condamnation par Rome le 1er mars 54, le journaliste de La Croix nous présente l’itinéraire et les convic- tions de l’intéressé. « La société change, les prêtres-ouvriers aussi, observe Sandro. Il faut incarner les intuitions de départ dans des formes nouvelles. Mais j’ai vraiment le sentiment d’entrer dans une histoire, l’histoire des prêtres-ouvriers »

D’origine espagnole, Sandro découvre les Évangiles à l’adolescence. Un peu au hasard de ses lectures... « Un vrai choc ! Ça m'énervait, confie-t-il, et en même temps je ne pouvais pas m’empêcher de lire ! » Tout en faisant des études de droit et d’histoire, il entame une démarche catéchuménale qui le conduit au baptême à 24 ans, puis au séminaire, où il prend conscience de ses racines ouvrières. Pour un stage en pastorale, il demande d’aller dans les cités. « Je me sentais proche de ces gens fragiles et pauvres », murmure-t-il. Il commence à fréquenter l’équipe diocésaine des prêtres-ouvriers. Une fois ordonné prêtre en 1999, il demande quasi naturellement à en faire partie. « Ça fait maintenant 3 ans que je bosse, indique Sandro. Au début, comme tout le monde, j’ai cherché du travail. D’abord dans une entreprise de nettoyage, puis maintenant comme brancardier dans un centre de ré-éducation fonctionnelle »... Salarié à quatre cinquième de temps, aumônier de JOC à mi-temps, précise-t-il avec un sourire. Sa première découverte du travail ? Le changement de regard. « Que tu sois séminariste ou prêtre, commente-t-il, tu intéresses les gens. Dès lors que tu es au travail, tu n’existes que par ta fonction. Très vite je me suis aperçu que j’étais parmi les gens d’en bas. Ce n’est pas toujours facile mais il me parait important que des prêtres soient là, hors de la sphère du sacré et du fonctionnement de l’institution, simplement hommes parmi les hommes. Le ministère ordonné n’est pas simplement de l’ordre de la fonction sociale, il est d’abord un sacrement. En christianisme, le signe surgit de la vie ordinaire »

           

  La proximité avec les petites gens

Jean-Marie Baillarguet, lui est un peu plus vieux: 49 ans. Il est éducateur à Saintes, à trois quarts de temps. Il est aussi aumônier du Mouvement rural des Jeunes chrétiens. Avec deux autres prêtres, il envisage d’aller bientôt habiter en HLM à La Rochelle et de participer au projet local de Mission ouvrière.

 Comme en écho à ce que disait Sandro Cuadrado, Jean Marie déclare: « Pour les chrétiens, nous voulons être un signe de proximité, et pour les non chrétiens, une présence dans la vie ordinaire ». Il aurait pu succéder à son père , à la tête d’une entreprise familiale, comme professionnel du bois. Mais au contact du MRJC, il a approfondi sa foi, une foi qu’il veut très incarnée dans la vie. Dès le séminaire où il entre en 1981, il envisage d’être prêtre-ouvrier.  A l’époque, son évêque, Jacques David, accueille favorablement sa demande.

« Être prêtre au travail, explique-t-il, c’est une manière de se situer en proximité avec les petites gens, avec les personnes en difficulté, en précarité ».  A la différence des anciens qui plongeaient totalement dans l’univers ouvrier, les plus jeunes des PO d’aujourd’hui tiennent presque tous à garder une activité pastorale, en paroisse ou dans un mouvement d'action catholique. « Ce n’est pas contradictoire, assure Jean-Marie Baillarguet. La mission est pour tout le monde une exigence. J’unifie ma vie en célébrant le dimanche dans une paroisse ou dans un mouvement. C’est important aussi d’être une passerelle »

 Propos recueillis pour le journal La Croix des 21/22 février 2004 par B. JOUANNO

 

eN   12  A T E L I E R S

Le travailleur aujourd'hui. L'Immigration La Retraite La protection Sociale
L'ENGAGEMENT syndical ...altermondialiste ...juridique.. ...
Projet d'équipe nouvelle... Autres lieux d'Eglise Pastorale et ministère PO ...

 

E n    A S S E M B L E E

Une ambiance festive 

sur des réalités

a m è r e s   !

S. D. F.

C H O M A G E 

A. LEPREST / R.DIDIER

  J'aim'rais qu'ça cesse, esse, esse, De s'dégrader, der, der 

Sans un bénef, ef ef S.D.F..

 Ce qui me blesse, esse, esse C'est d'être soldé, dé, dé 

Pour pas bézef, ef ef S.D.F..

 J'ai pas d'adresse, esse, esse Rien àgarder, der, der

J'ai pas l'téleph', eph, eph S.D.F..

 Rien dans la caisse, aisse, aisse Rien àfonder, der, der 

J'ai pas d'sous‑chef, ef, ef S.D.F..

 On me rabaisse, aisse, aisse on veut m'céder, der, der 

En bas relief, ef ef S.D.F..

 La politesse esse, esse Rien à glander, der, der 

J'dis ça en bref, ef ef S.D.F..

 J'ai trop d'paresse, esse, esse Pour musarder, der, der 

Dans votre fief, ef ef S.D.F..

 M'mam' la Comtesse, esse, esse Ne m'en gardez, dez dez Aucun grief, ef, ef S.D.F..

 Chacun sa messe, esse, esse Et ses idées, dées, dées 

Chacun sa nef, ef ef S.D.F..

 C'est ainsi qu'naissent, aissent, ais. Des Jésus, des, des, des 

Marie, Joseph, ef, ef S.D.F..

 Pour qu'on s'redresse, esse, esse C'est l'verbe aider, der, der Qu'il faut qu'on greffe, effe, effe S.D.F..

 Allez, jvous laisse, aisse, aisse J'vais jouer aux dés, dés, dés 

Chez l'père Youssef, ef, ef S.D.F.... S.D.F..

L' A N P E

 

Tu n'auras pas d' boulot sans passer par l' ANPE.

Même par l'ANPE t'en auras p'têt pas non plus

Et t'en auras pas non plus restant assis sur ton cul

 

Tu n'auras pas ton fric sans passer par les ASSEDIC

Même par les ASSEDIC tu l'auras p'têt pas non plus

Mais tu l'auras sûr'ment pas restant assis sur ton cul

 

T'auras pas ton RMI sans l' demander à la Mairie

Et même à la Mairie t'en auras p'têt' pas non plus

Mais tu l'auras pas non plus restant assis sur ton cul

 

T'auras pas ta livre de beurre sans aller au restos du coeur

Même aux restos du coeur tu l'auras p'têt pas non plus

Mais tu l'auras sûr'ment pas restant assis sur ton cul

 

PETITJEAN

LA BÊTE EST REVENUE

D'où cette bête a surgi le ventre est encore fécond

Bertold Brecht nous l'a dit, il connaissait la chanson

Cell' là même qu'Hitler a tant aimée :

C'est la valse des croix gammées.

Car pour gagner quelques voix, des nostalgiques de Pétain

C'est les juifs encore une fois, que ces dangereux aryens

Brandiront comme un épouvantail,

dans tout leur sinistre éventail

 

Attention mon ami, je l'ai vue

méfie-toi la bête est revenue

C'est une hydre aux discours enjôleurs

dont les cent mille bouches crachent le malheur

Y'a nos libertés sous sa botte,

ami ne lui ouvre pas ta porte

Car vois-tu, petit, je l'ai vue :

la bête, la bête est revenue

 de    Pierre PERRET

 

 

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Dernière modification : 07 août 2007