PENTECOTE 2001
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Bienvenue

à  STRASBOURG...

 

Qui faut-il accueillir

 AU COEUR DE L'Europe,...

au coeur du Monde ?....

 

Un artiste

nous l'esquisse 

sur la pochette...

 

Un 8 pages de l'Equipe Nationale ci-dessous

Un 4 pages des P.O. de l'Est (cliquer).

Prêtres-

Ouvriers 

Au coeur

 de la vie !

" Les prêtres-ouvriers, ça existe encore ?, nous demande-t-on surpris quand on fait connaissance. Nous sommes des hommes du quotidien et de l'ordinaire, travailleurs parmi ceux qui travaillent. Pas de quoi attirer les projecteurs. Depuis que les premiers d'entre-nous ont laissé un fort souvenir dans les mémoires, avec la société, nous avons changé. Tout en restant fidèles, à notre foi et au monde du travail, nous avons accompagné les évolutions du monde. Depuis soixante ans, des prêtres partagent la vie de ceux qui travaillent, chaque jour. Ils en partagent les gestes, les efforts, les joies, les galères, les luttes. Plus que jamais, les prêtres-ouvriers ont une place importante à prendre, dans un monde où le message de Jésus-Christ se fait plus discret.

Le choix d'être PO

 Maurice Bubendorff a 35 ans, il vit dans la banlieue de Strasbourg. Voilà, un an, il a fait le choix de devenir prêtre-ouvrier après avoir été prêtre en paroisse, puis accompagnateur de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne.

 " J'ai fondamentalement envie de partager la vie des gens. A la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, j'ai accompagné des jeunes qui vivaient la précarité, la galère, le chômage, la hantise de ne pas se voir renouveler un contrat... Je fais ce choix pour être proche de ceux dont l'Eglise est souvent loin. Tous ces hommes et ces femmes du monde populaire, qu'on dit les préférés de Dieu, n'attendent plus rien de l'Eglise. Dans un monde qui se méfie des mots et des belles paroles, le partage de la vie est souvent la seule parole qui soit écoutée, qui donne sens. Si je pars au travail, ce n'est pas parce que j'en ai marre, mais bien pour que le service de l'Evangile puisse être assuré avec ceux qui dans le monde des travailleurs, y sont déjà actifs, insérés et solidaires, au nom de leur foi au Dieu de Jésus-Christ. "

Philippe Clément, prêtre ouvrier, travaille dans une entreprise de commercialisation des matériaux du bâtiment, au Mans. Il est syndicaliste. En octobre 2000, un mouvement de grève s'est déclenché dans son entreprise, qui emploie 180 salariés répartis sur 17 lieux de travail.

 " Depuis des années, la direction de l'entreprise expliquait au personnel qu'il était difficile d'augmenter les salaires parce que le contexte économique était peu favorable. La peur du chômage faisait le reste. Mais aujourd'hui, la construction est en pleine expansion et la main d'oeuvre manque Les bénéfices sont en très forte progression. Les augmentations se font toujours à la tête du client et un certain nombre de salariés n'ont pas eu de rallonge depuis plus de trois ans. La grève a duré deux jours et demi dans des conditions difficiles, mais ils ont quand même obtenu des augmentations pour les salaires inférieurs à7700 francs. Le conflit a été mené dans le calme et collectivement. On a vécu un moment très fort où chacun s'est senti responsable du mouvement. Quelques jours de grève pèse lourd dans la vie d'un salarié de petite boite, et ce n'est pas tous les jours qu'on peut braver une direction toujours plus arrogante et méprisante. Les salariés ont gagné en dignité. En voyant la photo dans le journal local, un salarié s'est écrié "Ça y est, les gars, on est devenus des stars."

 

Un prêtre-ouvrier à la retraite

 Roland Claverie a 62 ans, il habite à Belleville, un quartier populaire de Paris. C'en est fini de ses années de fraiseur dans la métallurgie, comme de ses responsabilités de permanent CGT aux métaux et à l'UD de Paris.

       Quand vient la retraite, pas question d'adopter la  position " doigts de pieds en éventail ". Je suis convaincu qu il faut être là où se joue tout effort d'humanisation, là où se joue la Bonne nouvelle proposée par le Christ. Je reste impliqué dans divers collectifs à l'échelle du 19e arrondissement au niveau syndical, politique associatif (mouvement de la paix, CNL dans l'immeuble). La retraite ne libère pas le travailleur de la condition ouvrière. Elle continue à le marquer dans son pouvoir d'achat, ses conditions de logement, sa santé... Du coup, la défense de la protection sociale et des services publics m'appelle à la même solidarité de lutte que durant mes années d'activité. Chercher politiquement avec les camarades de mon parti, des chemins nouveaux pour une alternative humaine, émancipatrice, au libéralisme ambiant, me motive vraiment. Cela me paraît toujours en phase avec l'appel de Jésus-Christ à mondialiser l'Évangile. Enfin, je m'investis aussi pour répondre à l'urgence défaire grandir dans le quartier et sur la planète la culture de la paix et de la non-violence, aux antipodes de la culture dominante : la domination des plus forts. Les prêtres-ouvriers à la retraite ont décidément du pain sur la planche !

La foi d'un P.O.

 Philippe Barbier est prêtre-ouvrier et employé municipal à Chalons-en-Champagne dans le service "accompagnement social ".

" Par le travail professionnel, prêtre-ouvrier, j'y suis devenu homme parmi d'autres hommes et femmes. J'ai appris à communier à leurs joies, espoirs, luttes, succès, échecs aussi. Ce coude à coude avec mes camarades dans mon syndicat m'a fait devenir "autre" . Ces collègues, ces camarades du syndicat ou du parti, c'est mon peuple, j'en suis. Ce peuple m'évangélise alors que j'étais parti pour l'évangéliser. Là où, je vis, l'Evangile circule, je n'en suis pas que l'acteur mais aussi le témoin. Ma solidarité m'engage à lutter contre toutes les formes de pauvreté dans le monde du travail où les luttes de classe sont toujours une réalité. J'aspire à une société où l'homme serait vraiment le centre. Parce que cette aspiration n'est pas que celle de " naifs ", dont je serais, j'estime que l'espoir est possible. C'est ce service gratuit et exigeant de l'homme qui est le chemin de la Bonne Nouvelle pour d'autres comme pour moi.

Ma vie de prêtre

 

Jean-Yves Hervagault est prêtre-ouvrier à Rennes. Il est aide-soignant.

 Que fait-il "après le travail " ?

"Après avoir effectué mes achats alimentaires, au pied de mon immeuble, je croise Fernand, un vieil ami et voisin. Je l'invite à monter. Autour d'un apéritif, il me confie les renoncements que lui ont imposé ses ennuis de santé. Repas.

Dans mon lit, avant de m'endormir, je prie. " Dans ma nuit je crie vers toi ". Instinctivement, je lis ce psaume en pensant à Olivier, 26 ans, le fils d'un ami, qui sera inhumé demain. Accidenté, il a attendu les secours, deux jours et deux nuits dans la neige et le froid. " Dans la nuit, je crie en ta présence . Que ma prière parvienne jusqu'à toi ". Les nuits d'Olivier, la nuit de mes malades, la nuit des secouristes de montagne, la nuit des personnels de nuit des hôpitaux... Seigneur, je suis surpris de la richesse de cette journée "ordinaire ", de ces paroles de vie, de souffrance et d'amour. Tu me redonnes confiance en ce monde, moi qui râle si souvent devant l'apathie de nos contemporains. Rends-moi davantage perméable à ton Esprit-Saint, afin que je te voie et que je t'entende sur la route des hommes. 

Engagés dans l'Église rassemblée

 Gilbert Thollet, prêtre-ouvrier de Saint-Étienne est formateur.

 " Pour moi, être prêtre au travail, ça veut dire " être là ", simplement, au milieu de notre monde. Donner le visage d'une Eglise qui accueille, faire accéder les gens à l'Évangile et leur dire : "Dieu vous aime, vous avez du prix à ses yeux" "Etre là", au Forum de l'emploi de Saint-Étienne... Personnellement, je n'avais rien à y faire, mais là, j'ai pu discuter avec un homme de 56 ans qui m'a dit son ras-le bol d'être déjà à son âge "foutu". "Etre là " pour moi, c'est accompagner la permanence précarité de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, avec toute une action pour les transports gratuits. J'ai mis dans le coup Marcel, "un bon paroissien", militant CGT. "Etre là", c'est aller à la rencontre de mon club d'enfants en Triolo, tous les samedis matins. Charles m'a, demandé le baptême. "Etre là", pour moi, c'est prendre du temps avec tous les couples qui me demandent de bénir leur mariage, depuis quelque temps, je suis investi dans un centre de préparation au mariage. "Etre là", c'est mener l'action avec 40 jeunes de 13 à 18 ans de mon quartier pour une piste de Rouer­skate. "

 

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Dernière modification : 07 août 2007