JUILLET 03
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  Bush, qu’as-tu fait de tes frères ?

   Et soudain, le Christ de Corcovado* tressaillit et reprit vie. Lui qui était de ciment et de pierre, se fit corps et sang. Levant les yeux, il vit des multitudes qui remplissaient les rues et les places du monde entier, portant des bannières blanches et clamant:

 « Nous voulons la Paix, plus jamais la guerre ! »

Alors, ému de tendresse il ouvrit la bouche et dit: « Bienheureux vous, constructeurs de paix, parce que vous serez appelés fils du Très-Haut et amis de la Terre ! Bienheureux êtes-vous parce que vous vous souvenez de l’arc-en-ciel, de l’alliance que j’ai scellée avec tout ce qui vit et pour toujours ! »

Et regardant plus loin, il vit des cités millénaires détruites, des monuments de la culture humaine réduits en poussière, des corps brisés, des enfants calcinés par le feu, des femmes mutilées par le métal des bombes, et du sang, beaucoup de sang sur les murs qui fumaient.

Et rempli d’une colère sacrée, d’une voix coupante il parla et dit: « Malheur à vous, seigneurs de la guerre, ennemis de la vie et de la nature et assassins de mes frères et sœurs d’Islam.

Race de vipères vénéneuses, pourquoi n’écoutez-vous pas les clameurs de l’humanité qui supplie en faveur du dialogue, de la négociation et de la paix ?

Blasphémateurs, vous utilisez le nom du Dieu de la vie pour enlever la vie des autres. Hypocrites, vous méprisez les lois que vous avez vous-mêmes créées pour retenir la volonté d’agresser et de tuer.

Pourquoi avez-vous méprisé les normes internationales qui sauvegardent la justice minimale et la plus élémentaire humanité ? Pourquoi, avec des sacs de vil argent, avez-vous fait tout votre possible pour acheter la conscience et essayer d’extorquer la permission d’attaquer et de tuer ?

Lâches, vous choisissez un pays assiégé, humilié, exténué, pour montrer la capacité de dévastation que vous avez acquise, comme jamais auparavant cela n’avait été vu sur la face de la terre.

Malheur à vous, terroristes de la peur qui, sous prétexte de désarmer un tyran que vous avez vous-mêmes armé avec des armes de destruction massive, mentez au peuple, alléguant un danger d’attaque imminente.

A l’encontre du moindre sens du droit, vous hâtez une guerre disproportionnée. Plus encore que le pétrole, ce que vous voulez, c’est détruire celui qui ne se soumet pas à vos intérêts étendus maintenant à la planète entière ! Maudite la "guerre préventive" à laquelle vous amène la peur préventive. Ne voyez-vous pas que vous avez rendu votre peuple otage de la peur, peur de monter en avion, peur d’écrire des lettres, peur des arabes, peur des musulmans, peur de vous-mêmes ? Maudites les "bombes intelligentes". Plus encore maudite la "mère de toutes les bombes", dont le pouvoir destructeur se trouve un pas derrière les armes nucléaires ! Malheur aux intelligences qui ont conçu cette machine de mort à l’encontre de toutes les formes de vie... Vous avez ouvert les portes de l’enfer et vous avez lâché les démons de la terreur et des massacres. Qu’avez-vous fait de vos frères ? Qu’en avez-vous fait ?

Père Saint, tourne ton regard vers les humains, mes frères et mes sœurs les plus petits. Donne-leur le souci les uns des autres, afin que naisse la paix véritable. Qu’ils soient zélés pour le bien de leur "maison commune", la Terre. Qu’ils sèchent mutuellement leurs larmes, qu’ils se serrent les mains, qu’ils s’embrassent le visage, qu’ils s’assoient à la table et qu’ils éprouvent la générosité d’une alimentation suffisante pour tous. Et qu’ils rient et qu’ils chantent, aiment et vénèrent, sous le même arc-en-ciel de la grâce divine qui s’étend sur tous, expression de ton Royaume - le tien et le nôtre - de bienveillance et de paix.

20 mars 2003 - Leonardo BOFF

                 (La statue du Christ-Roi, érigée au sommet du Mont Corcovado (Brésil) et dominant la Baie de Rio de Janeiro)   

Sur fond de précarité

Francis Gayral est situé par son travail (atelier vélos de l’association du quartier) et par son habitat dans un quartier populaire d’une ville moyenne à population très diverse (Européens, Maghrébins, immigrés du Laos, de Mayotte, Turcs, Kosovars). Il est aussi au "comité CGT des chômeurs et précaires" où les immigrés  ont une participation assez significative.

Un quartier, dit Francis, c’est aujourd’hui comme un concentré  de la question sociale, un carrefour des questions d’actualité. Les problèmes s’y croisent (chômage, précarité, exclusions, immigration, racisme, questions religieuses, fragilités affectives, échec scolaire, violence, «bizness», drogue, délinquance, insécurité...) Mais tout n’est pas triste, il y a aussi de bons moments et des gens qui vont bien.

En fait, les problèmes locaux ne sont pas sans liaison avec les tensions résultant de la situation internationale et de la mondialisation qui n’ont pas l’air d’être intéressées prioritairement par la vie des populations.

1) Questions, pistes, impasses sur fond de précarité

Les questions de l’international, de l’interculturel, de l’inter-religieux se posent, nous dit Francis, sur fond de précarité. Les gens issus de l’immigration se rencontrent en majorité dans les quartiers populaires et vivent souvent des situations de précarité et de "galère". La religion musulmane se manifeste de façon très visible. Ce qui fait le plus problème, ce n’est pas la concentration dans les quartiers de populations issues d’autres cultures et de zones géographiques autres que l’Europe occidentale, mais c’est la concentration de gens en difficulté économiques, sociales et humaines.

La privation de travail et d’activité accentue les fragilités personnelles. Les problèmes économiques et sociaux ont tendance à se transformer en problèmes ethniques et religieux, au plan local comme au plan international. Dans une telle dérive, les croisades et les guerres saintes ne sont pas loin.

La vie des gens est également marquée par l’instabilité, la fragilité, l’éparpillement, le ponctuel et l’immédiat. On peut même parler d’une "culture galère-quartier-précarité", avec ses modes de vie, ses façons de penser et de faire, se combinant avec la culture d’origine.

A cela s’ajoute l’ambiance générale de la société, où l’air du temps paraît entraîner à l’individualisme et à la résignation. Il s’agit de se protéger d’un monde compliqué et dangereux, de s’en sortir comme on peut, de se débrouiller. Il y a également une tendance générale, très accentuée dans les milieux précaires, à penser qu’il est impossible de changer cette société dure et difficile. Les actions militantes sont comme des gouttes d’eau devant la marée montante d’une précarité massive et durable.

2-Vivre ensemble les différences,tout en résistant aux exclusions

Une  question difficile à vivre dans les lieux où elle se pose directement et quotidiennement, c’est celle qui concerne la cohabitation de cultures différentes, combinée avec le fait de l’exclusion sociale.

Les différentes communautés ont tendance à se replier dans leur camp et sur leur propre identité, à vivre en tribu plutôt qu’en peuple. L’exclusion sociale, avec ses incertitudes et ses fragilités, renforce cette tendance.

Le refuge dans l’appartenance à une communauté (en particulier ethnique, autochtone y compris) semble remplacer les solidarités sociales brassant générations, ethnies, cultures, religions. Le sentiment d’appartenir à une société commune semble affaibli. Pas facile de promouvoir une vie en peuple marquée par le vivre ensemble, des liens solidaires, une participation à la vie collective et citoyenne, des solidarités sociales d’entraide et de revendications contre les exclusions. Malgré les considérations et les initiatives plus ou moins folkloriques sur le sujet, construire une "cité arc-en-ciel", une société multicolore, c’est loin d’être gagné d’avance ! Souvent, ce sont les autochtones qui font quelque chose pour les populations immigrées, au lieu de chercher à faire ensemble, à partir des gens et avec eux.

Les différences existent, mais à force de désigner tel autre comme différent, il y a le risque de séparer au lieu de réunir, de diviser au lieu d’additionner, d’enfermer l’autre dans sa différence et de se considérer soi-même comme normal. Vivre ensemble les différences de façon interactive, c’est une autre affaire que la tolérance pouvant sous-entendre que l’autre est plus ou moins gênant et qu’on se passerait bien de lui. Aimer les autres, c’est quand même autre chose.

3-Vivre l’inter-religieux pas seulement de façon religieuse !

Les religions ne sont pas un refuge supplémentaire pour supporter ce monde dur, difficile et inquiétant. Et, par ailleurs, il ne faudrait pas profiter de l’exclusion pour placer de la religion.

Avant le dialogue inter-religieux ou les réunions inter-religieuses plus ou moins officielles, il y a la rencontre humaine, les relations de proximité, la vie ensemble, l’action commune.

 Il y a aussi la question: " qui est à l’initiative, qui demande, qui organise ces réunions inter-religieuses ? "

Il ne faudrait pas oublier que les populations de tradition musulmane sont en grande partie dans les secteurs pauvres de la société française et du monde. Faire de l’inter-religieux sans tenir compte de ce fait pourrait être assez superficiel et folklorique ou se réduire à un effet de mode.

Le dialogue inter-religieux serait beaucoup plus profond en se disant l’expérience spirituelle des uns et des autres, plutôt qu’en s’expliquant la doctrine et les coutumes de sa propre religion et civilisation. La vie spirituelle est plus large que l’appartenance religieuse. Autre question: quelles conditions pour que le christianisme ne soit pas réduit à être la religion du monde occidental ?

« On est fait pour s’entendre »... « On est fait pour vivre ensemble ». C’est un véritable acte de foi à contre-courant des modes de vie habituels. C’est une œuvre d’humanisation et une réelle activité spirituelle. Une vie en peuple, c’est autre chose que l’individualisme de masse ou qu’une juxtaposition de populations diverses. Il y a vraiment besoin d’y travailler ensemble, y compris avec des gens qui se disent incroyants.

22 mars 2003 - 

Francis GAYRAL, PO de Castres,

 ancien secrétaire de l'ENPO

 

Dans un quartier de NIORT

Dans notre quartier du Clou-Bouchet à Niort, regroupant quelques 5.000 habitants, dont de nombreux maghrébins, les événements du 11 septembre 2001 ont entraîné une certaine tension, une certaine méfiance.

Proposition est faite à la Mission ouvrière locale de quartier d’organiser une rencontre avec des arabes et des musulmans pour donner un signe qu’ils ne sont pas indésirables parmi nous.

 Des contacts sont pris avec des amis maghrébins qu’on rencontre particulièrement dans la vie associative. Un petit groupe mixte de préparation est souhaité, autour des deux amis que nous sommes, le tenant place d’iman du quartier et moi-même.

Le groupe se trouve d’accord pour que la rencontre permette avant tout un partage sur notre vie et notre action de quartier et pas sur les religions, d’autant que parmi les invités il y a des gens qui ne se réfèrent à aucune religion. Un texte d’invitation est rédigé sur le thème : "Nos relations avec d’autres, sources de Paix ".

Nous nous sommes ainsi retrouvés une vingtaine de gens de bonne volonté, posant leur regard sur les événements avec leurs convictions propres et ce que leur inspire leurs croyances.

Un partage, un accueil pour que soit proclamé sur ce petit bout de la terre que la fraternité, la vie heureuse ensemble sont possibles.

Trois phrases illustrent bien les points forts de notre échange: « Je sentais qu’on nous regardait autrement: c’est la peur »... « On ne doit pas prendre la religion comme prétexte » - « Le rôle du citoyen, c’est de s’occuper de son voisinage. C’est l’important dans la vie. Après, on parle de religion » 

Avant de nous quitter nous avons programmé une autre rencontre, pour échanger cette fois sur nos religions. Et pour fêter ensemble l’année nouvelle, nous avons voulu une rencontre conviviale qui n’exclue pas les échanges intéressants.

Soucieux d’éviter la tentation de s’en tenir à une information sur nos religions, j’ai dû, il faut bien le dire, " ramer " pour que nous témoignions de notre conviction de croire que les relations avec d’autres sont sources de paix et pour que nous puissions nous dire comment notre foi religieuse donne une coloration à notre foi en l’homme. Au delà des participants à cette rencontre, quel impact a pu avoir notre initiative ? Il est difficile de le dire. Le signe que nous avions voulu donner a certainement été perçu par un certain nombre de chrétiens du quartier et de la ville. Sans doute également par un certain nombre d’autres, Arabes et gens du quartier qui n'affichent aucune religion. L’initiative que nous avons prise a, en tous cas, permis de faire que les relations entre les participants sont devenues plus simples, plus amicales et plus riches.

Jacques Bressollette, PO de Niort, ancien secrétaire de l'équipe nationale

 

Avec les navigants

 

A plusieurs reprises, dans le « Courrier PO »  Guy Pasquier nous a dit ce qu'était sa situation de prêtre navigant. Dans le numéro de janvier 2003 (p.23) il décrivait ce qu’était le monde maritime aujourd’hui, et ce qu’il y vivait. Dans sa contribution à la Rencontre 2003 de Barcelone, il dégage ce qu’il expérimente du brassage des nationalités, des cultures, des langues, des religions, que provoque la recherche inexorable des compagnies de navigation en matière d’économie sur la main-d’œuvre embarquée sur les navires.

Vivre l’international

J’ai vécu, nous dit Guy, trois embarquements aux conditions internationales avec un équipage très mélangé d’Indiens, de Pakistanais, de Chiliens, avec en plus, comme officiers de bord, un Birman et un Russe. Dans un autre embarquement, nous n’étions que deux Français au milieu d’un équipage complet d’Ivoiriens. Ce furent pour moi des expériences déterminantes de vie communautaire à travers une très grande diversité humaine. Après 9 mois de vie côte à côte, où chacun a pu s’apprécier, je n’avais qu’ouvert des portes dans ce mélange et cette mosaïque...

Dans les embarquements suivants sur des bateaux battant pavillon français, 35% des marins étaient des nationaux. Les autres étaient originaires de divers pays, Roumains, Bulgares, Honduriens, Mexicains, Croates, Philippins, avec des statuts différents de durée d’embarquement et d’horaire de travail hebdomadaire, de rémunérations, conduisant par exemple certains d’entre eux, des Philippins, à recourir aux heures supplémentaires pour améliorer leur salaire.

Telle est la situation du transport maritime aujourd’hui. Une activité à forte concurrence où les compagnies d’armement sont dominées par de grands groupes financiers. Les marins sont gérés comme une marchandise et souvent plus mal traités encore. Les compagnies recrutent au plus bas prix des Polonais, Roumains, Bulgares, et hors d'Europe, principalement des Philippins, Indiens, Pakistanais, Russes... Et on voit arriver en force les Chinois qui sont les marins les moins chers de tous.

Vivre l’inter-culurel

Les équipages multinationaux sont devenus la règle. Il s’en suit que les modalités concrètes de coexistence ne sont pas simples. Il y a d’abord la langue. La vie de marin est particulièrement frustrante. Loin de sa famille, de son pays, dans un espace de vie clos, avec des possibilités très restreintes d’aller à terre aux escales, le marin est contraint de parler une autre langue que la sienne, l’anglais, pour pouvoir communiquer. Et puis il y a la nourriture. La cuisine est un des éléments de la culture qui nous colle à la peau. La question se règle avec deux types de cuisine et c’est important qu’il en soit ainsi. Chacun doit pouvoir retrouver les saveurs et les goûts de son terroir. Si cela n’est pas possible, cela peut devenir une source de conflit à bord.

Chaque marin aime retrouver à bord  des éléments qui continuent à le rattacher à son pays: vidéos, disques, journaux, revues, livres spécifiques à sa nationalité. Les compagnies sont loin de se préoccuper de ce besoin vital qui constitue une revendication normale des équipages. Pouvoir se retrouver dans un lieu de détente approprié pour bavarder librement dans sa langue nationale. A bord des bateaux français, cette question a été résolue par l’attribution et l’aménagement dans la mesure du possible de "salons" spécifiques...

   

Vivre l’inter-religieux

..

 

A bord, chacun est d’ordinaire réduit à vivre sa religion dans la discrétion. Mais c’est un élément qui nous constitue fortement. Dans mes trois premiers embarquements, il y avait parmi les ivoiriens des chrétiens, des musulmans et des animistes.

De temps en temps la religion interfère sur la vie du bateau. Personnellement, je suis concerné. Quand après avoir dit que j’étais prêtre, je suis amené à célébrer l’eucharistie avec d’autres, c’est un fait qui retentit sur tout le bateau. Je m’efforce de vivre cela dans le respect et l’ouverture aux autres, pour faire droit aussi à ce qu’ils sont dans leur spécificité. Cela n’est pas sans provoquer des questions.

  Par exemple chez les marins philippins et roumains, peu habitués à rencontrer un prêtre, marin comme eux, menant la même vie de déplacé et de déraciné. Cela ouvre aussi un débat avec les marins français, ancrés pour certains dans une indifférence tranquille ou une idéologie excluante de Dieu. Mon attitude les oblige à se situer, les dérange quelque peu et les interpelle. Cela peut être le début d’un cheminement dans les consciences qui ne m’appartient plus.

Ne pas être qu’un témoin muet

Je prends le risque de la parole pour ouvrir un dialogue dans le respect et la tolérance des autres...

La religion musulmane est souvent vécue individuellement par les marins qui s’en réclament. Mais ils le vivent aussi publiquement lors du Ramadan. Cette période a une incidence sur la vie du bateau, puisque le rythme des repas se trouve modifié. Ceux qui l’observent sont souvent questionnés et un partage s’établit autour des convictions de chacun.

A bord du bateau nous sommes ainsi capables de pouvoir vivre des traditions différentes, dans un esprit de tolérance et de respect réciproque. J’ai été témoin de la part de certains Français, se déclarant athées et humanistes, de leur capacité à accueillir l’autre et le respecter dans sa particularité religieuse. 

Un cheminement qui ne nous appartient pas

J'aime la notion de "Royaume". Elle indique bien l’ouverture vers tous les hommes de bonne volonté et la destination universelle du salut de Dieu. C'est un don. Il avance, comme Dieu le veut, dans la conscience des hommes et la diversité de leurs chemins. C'est un cheminement qui ne nous appartient pas.

Il y a là un chemin possible pour avancer dans une société vraiment laïque qui fasse droit aux convictions et croyances de chacun...

L’Église n’a-t-elle pas à prendre acte aujourd’hui qu’elle n’est qu’une voix et une voie parmi d’autres. Ni prépondérante ni dominante, mais servante pour l’avenir et le devenir de l’homme.

Dans un monde maritime qui se construit dans le cadre du libéralisme avec pour seule régulation la loi du marché, le seul avenir possible passe par le chemin de la solidarité.

 

Engagé sur le chemin de la solidarité

Je suis engagé sur cette voie en partageant la vie des marins embarqués, cherchant avec eux à rester des hommes, nous tenant ensemble dans les bons comme dans les pires moments.

Et plus je vais sur ce chemin, plus je m’aperçois que ce qui importe, autant, sinon plus que le métier et les compétences professionnelles, c’est la propre dimension d’homme, cette capacité de vivre avec les autres, à promouvoir la qualité des relations, pour que l’autre se sente à sa place et reconnu.

Faire un bout de chemin avec l’autre, c’est accepter de se rendre vulnérable. Et sur un bateau il n’y a pas de refuge possible. On vit à découvert. Vouloir rencontrer l’autre, c’est accepter de se laisser rencontrer.

Notre responsabilité est d’être là où l’Église n’est pas, auprès de ceux qui sont loin, pour leur manifester la prévenance de Dieu. Nous ne nous situons pas sur le chemin de la rentabilité mais sur celui de la gratuité. Il s’agit pourtant d’être actifs, dans le service du frère, et dans le dévoilement de Celui dont l’amour travaille au cœur de tout homme.

Guy PASQUIER, prêtre navigant, Le Havre

 

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Dernière modification : 01 Mars 2003